Alexandre Bonneau
Organiser la production de contenus visuels à l’échelle du continent africain.
Alexandre Bonneau est le fondateur et CEO d’AFROTO, une plateforme de photographie, de vidéo et de motion design créée en 2020, qui s’appuie sur des créateurs locaux dans plusieurs pays africains.
Relier les talents locaux aux besoins des organisations
Une organisation qui mène des campagnes ou des programmes dans plusieurs pays africains doit pouvoir documenter ses activités, couvrir ses événements et produire des contenus adaptés à ses publics. Trouver un photographe ou un vidéaste pour une mission ponctuelle peut se faire par recommandation. Répéter cette démarche dans plusieurs marchés, avec un calendrier commun et des exigences homogènes, demande une organisation plus structurée.
C’est sur ce besoin qu’Alexandre Bonneau a construit AFROTO. La plateforme propose aux entreprises, aux banques et aux ONG un interlocuteur unique pour commander des prestations audiovisuelles, tout en confiant leur réalisation à des professionnels présents sur le terrain. Elle répond ainsi à un problème concret : mobiliser les bonnes compétences sans reconstruire un dispositif de production à chaque mission.
Le signal : la valeur d’un réseau créatif se joue aussi dans sa capacité à transformer des talents dispersés en prestations que les clients peuvent commander et recevoir avec régularité.
Du lancement à l’élargissement du réseau
Créée en 2020, AFROTO a progressivement gagné en visibilité. Alexandre Bonneau figure dans la sélection Forbes Afrique 30 Under 30 de 2022. En 2023, des profils publiés par Forbes Afrique et SKEMA décrivent une activité dans 18 pays et un réseau de 300 créateurs. Alexandre Bonneau a précisé publiquement avoir réalisé environ 100 000 euros de chiffre d’affaires pour chacune des deux premières années de recherche et développement.
Cette période est également marquée par un financement et un accompagnement de Sinergi Niger / I&P, destinés notamment au renforcement des capacités et aux recrutements dans les fonctions commerciales, de développement et d’administration. AFROTO a par ailleurs été sélectionnée dans le programme « Pionnières de l’entrepreneuriat francophone » de l’OIF.
Les données de 2026 ont été communiquées par AFROTO à Africa Signal. Le chiffre d’affaires reprend la précision publiée par le fondateur en 2023. Les effectifs de créateurs cités en 2023 et en 2026 ne sont pas directement comparables sans précision sur leur périmètre.
Une exécution locale, un pilotage centralisé
Le fonctionnement d’AFROTO articule la connaissance du terrain et la gestion des projets. Le client transmet son brief à un point de contact unique ; la plateforme mobilise les créateurs, organise la production et prend en charge la postproduction, le contrôle qualité et la livraison.
Définir les formats attendus, les lieux d’intervention, les échéances et les exigences du client avant de lancer la production.
Faire intervenir des photographes et vidéastes locaux, en s’appuyant sur leur connaissance des lieux et des contextes de réalisation.
Centraliser la postproduction et le contrôle qualité pour assurer une cohérence entre les contenus produits dans différents pays.
Réunir le suivi du projet et la livraison auprès d’un même interlocuteur. AFROTO met en avant une tarification transparente et une livraison annoncée sous 72 heures pour ses offres de photographie et de vidéo.
Cette organisation permet de proposer plusieurs types de prestations — photographie, vidéo et motion design — dans un cadre commun. Pour les clients qui interviennent sur plusieurs marchés, l’intérêt réside dans la continuité du service et la réduction du travail de coordination interne.
Des commandes structurées pour soutenir le modèle
En 2023, AFROTO indiquait qu’environ 80 % de son chiffre d’affaires provenait de clients institutionnels et de grandes entreprises, parmi lesquels des banques, des ONG internationales et des groupes privés. Ces donneurs d’ordre ont des besoins liés aux campagnes, aux événements, aux rapports et à la documentation de leurs activités. Des commandes récurrentes peuvent offrir une meilleure visibilité à la plateforme comme aux professionnels qu’elle mobilise.
L’entreprise s’appuie sur une équipe centrale resserrée et un réseau de créateurs, plutôt que sur des équipes permanentes dans chaque pays. L’intérêt économique de cette organisation est de mutualiser la relation client, la postproduction et le suivi des missions. À mesure que les volumes progressent, sa performance dépend de la capacité à absorber davantage de commandes sans augmenter au même rythme les coûts de supervision et de traitement.
Pour les AfroCreators, le réseau ouvre l’accès à des clients structurés, à des références professionnelles et à des standards de production partagés. L’ambition portée par Alexandre Bonneau est aussi de mieux valoriser ces métiers et de permettre aux professionnels de tirer des revenus décents de leur activité. La régularité des missions et les revenus obtenus peuvent alors soutenir l’investissement dans l’équipement, le développement des compétences et, pour certains, la constitution d’une équipe.
La prochaine étape à observer
AFROTO compte déjà des entreprises parmi ses clients. L’élargissement de cette clientèle constitue une piste de développement : répondre à des besoins plus fréquents, à des formats variés et à des missions de tailles différentes. Les groupes de médias et les acteurs du commerce électronique représentent, dans cette perspective, des débouchés possibles.
La portée du modèle se mesurera dans cette capacité à multiplier les commandes tout en maintenant la qualité, les délais et une rémunération attractive pour les créateurs. C’est à cette condition que le réseau construit par Alexandre Bonneau pourra devenir un partenaire durable de production pour des organisations actives à l’échelle du continent.
Sources et précisions. AFROTO et sa page « Qui sommes-nous ? » pour les services et le fonctionnement ; SKEMA, septembre 2022 pour la sélection Forbes Afrique 30 Under 30 ; Forbes Afrique, juillet 2023 et SKEMA, juillet 2023 pour les repères historiques ; précision publique d’Alexandre Bonneau pour le chiffre d’affaires par année ; I&P pour le financement d’amorçage et les objectifs de recrutement ; OIF pour le programme « Les Pionnières ».
Les données de 35+ pays, 100+ AfroCreators et quatre personnes à temps plein proviennent des échanges d’AFROTO avec Africa Signal en 2026. Le site public consulté en septembre 2026 affiche encore plus de 25 pays et plus de 60 créateurs, avec quatre membres à temps plein. Ces périmètres ne permettent pas de mesurer directement l’évolution du réseau. Le chiffre d’affaires historique et la part de 80 % sont des déclarations du fondateur, sans validation comptable indépendante. Les 72 heures correspondent à un délai commercial annoncé pour les offres photo et vidéo. Les perspectives économiques et les débouchés évoqués relèvent de l’analyse du modèle.
