Africa Signal · Intelligence de marché

Veille sectorielle

Secteur Agriculture & Agroalimentaire

Afrique subsaharienne francophone
Premier trimestre 2026 Publié en septembre 2026 Libre Diffusion
I.

Faits marquants du trimestre

  1. Les bénéfices de PALMCI chutent sous l’effet de la baisse des prix et de l’accumulation des stocks ; SAPH pénalisée par la congestion portuaire et le recul des prix
    PALMCI, producteur d’huile de palme coté à la BRVM et filiale de SIFCA, a enregistré un bénéfice net de 1,6 milliard de FCFA (2,9 millions de dollars) au T1 2026, en baisse de 86 % par rapport aux 11,6 milliards de FCFA (20,7 millions de dollars) enregistrés un an plus tôt, tandis que le chiffre d’affaires reculait de 27 % à 49,4 milliards de FCFA (88,3 millions de dollars). L’entreprise a attribué cette baisse au recul des volumes de vente et des prix, avec une accumulation de stocks de produits finis à fin mars. SAPH, transformateur de caoutchouc également contrôlé par SIFCA, a vu son bénéfice net chuter de 78 % à 2,6 milliards de FCFA (4,7 millions de dollars), tandis que son chiffre d’affaires reculait de 24 % à 71,8 milliards de FCFA (128,3 millions de dollars), la congestion du port de San Pedro ayant perturbé les expéditions et les prix de vente moyens ayant baissé de 17 %. Les deux entreprises ont présenté cette faiblesse comme temporaire.
    Enjeu : la faiblesse observée au T1 chez deux des principaux acteurs agroalimentaires cotés à la BRVM constitue un véritable sujet de préoccupation à court terme. Toutefois, les indications des directions selon lesquelles les stocks devraient être écoulés au S2 ouvrent la voie à un possible redressement. La congestion du port de San Pedro reste un goulet d’étranglement opérationnel récurrent, tandis que l’évolution des prix mondiaux de l’huile de palme et du caoutchouc déterminera si la reprise attendue au S2 se concrétise.
  2. Nestlé Côte d’Ivoire affiche un solide T1 porté par la croissance des volumes
    Nestlé Côte d’Ivoire a enregistré son meilleur résultat de premier trimestre de ces dernières années, avec un bénéfice net en hausse de 37 % à 7,5 milliards de FCFA (13,5 millions de dollars), tandis que le chiffre d’affaires progressait de 31 % à 70,8 milliards de FCFA (126,7 millions de dollars). L’entreprise a attribué cette progression à la hausse des volumes, à l’efficacité de l’exécution commerciale et à la discipline opérationnelle.
    Enjeu : la croissance tirée par les volumes constitue un signal de demande robuste pour Nestlé CI. Elle est compatible avec des facteurs structurels de long terme comme l’urbanisation et la croissance démographique, sans permettre à elle seule d’établir un lien de causalité entre ces facteurs et la performance du trimestre.
Cette section synthétise les principaux événements du trimestre détaillés dans la section V ; elle ne résume pas la situation structurelle du secteur, qui est présentée dans la section II. Il s’agit de la première édition de la Veille sectorielle Africa Signal consacrée à l’Agriculture & Agroalimentaire ; aucune comparaison avec un trimestre précédent n’est donc encore disponible. Cette édition couvre largement l’Afrique subsaharienne francophone, avec un focus sur la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso et le Cameroun.
II.

Vue d’ensemble du secteur

Au T1 2026, les marchés de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Afrique subsaharienne francophone ont présenté de forts contrastes. D’un côté, Nestlé Côte d’Ivoire a enregistré une croissance solide tirée par les volumes. De l’autre, plusieurs acteurs exposés aux matières premières ont subi des contraintes simultanées : baisse des volumes vendus, prix de vente moins favorables qu’un an plus tôt et difficultés logistiques, notamment la congestion du port de San Pedro pour SAPH.

En Côte d’Ivoire, la filière cacao a été marquée par une modification du calendrier de commercialisation : la campagne intermédiaire a été avancée du 1er avril au 1er mars 2026 afin de faciliter l’écoulement des stocks. Le prix garanti bord champ de cette campagne a ensuite été annoncé le 4 mars à 1 200 FCFA/kg, contre 2 800 FCFA/kg pour la campagne principale, soit une baisse d’environ 57 %. À fin décembre 2025, près de 70 % des 1,4 million de tonnes prévues pour la campagne principale avaient déjà été acheminées vers les ports.

À l’échelle régionale, la FAO a observé au début de 2026 une détente saisonnière des prix de plusieurs céréales de base dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, soutenue par une meilleure disponibilité après les récoltes de 2025. Des tensions restaient toutefois visibles dans certaines zones affectées par l’insécurité et les perturbations des échanges, notamment au Mali.

Note sur la disponibilité des données

Les données complètes sur la production ou les exportations agroalimentaires à l’échelle régionale pour le T1 2026, provenant de sources indépendantes, restent limitées. Les chiffres cités ci-dessus sont les estimations les plus récentes et vérifiables de manière indépendante identifiées pour cette édition ; ils constituent des points de référence structurels plutôt que des données spécifiques au T1 2026.

III.

Dynamiques nationales et régionales

Côte d’Ivoire (UEMOA) : des signaux contrastés pour le principal pôle agroalimentaire régional

La Côte d’Ivoire demeure l’un des principaux pôles agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest francophone, mais les résultats du T1 2026 montrent des évolutions divergentes. Les filiales du groupe SIFCA — PALMCI dans l’huile de palme et SAPH dans le caoutchouc — ont toutes deux enregistré de fortes baisses de bénéfice. PALMCI a été pénalisée par des volumes et des prix plus faibles, tandis que SAPH a subi une baisse des volumes expédiés, des prix de vente moyens inférieurs à ceux du T1 2025 et la congestion du port de San Pedro. Les deux entreprises disposaient de stocks de produits finis à fin mars dont les ventes ont commencé à partir d’avril ; PALMCI a par ailleurs indiqué viser un bénéfice annuel proche de celui de 2025.

Nestlé Côte d’Ivoire constitue le principal point positif du panel suivi, avec une croissance du chiffre d’affaires de 31 % et du bénéfice net de 37 %. L’entreprise attribue cette progression à la hausse des volumes, à l’exécution commerciale et à la discipline opérationnelle ; cette dynamique indique une demande robuste au T1, sans permettre à elle seule de conclure à une tendance structurelle pour l’ensemble du marché régional.

Sénégal : une croissance solide du PIB portée par plusieurs secteurs

Le PIB du Sénégal a progressé de 5,8 % en glissement annuel au T1 2026, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Le secteur primaire a progressé de 5,7 %, le secteur secondaire de 8,6 % et le secteur tertiaire de 5,2 %. Par rapport au trimestre précédent, le PIB a augmenté de 1,2 %. Cette performance largement répartie témoigne de la résilience de l’agriculture, de l’industrie et des services.

Burkina Faso : une progression modérée de la production cotonnière

La production cotonnière du Burkina Faso pour la campagne 2025/2026 s’est établie définitivement à 314 293 tonnes, en hausse de 6,7 % par rapport aux 294 507 tonnes de la campagne précédente, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement le 25 juin 2026. Pour la campagne 2026/2027, les autorités ont fixé un objectif ambitieux de 534 250 tonnes — 532 000 tonnes de coton conventionnel et 2 250 tonnes de coton biologique — soutenu par une hausse des prix planchers, des subventions aux intrants et un engagement de plus de 88 millions de dollars de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Cameroun : forte hausse des exportations de bananes

Les exportations de bananes du Cameroun ont progressé de 29 % au T1 2026 pour atteindre 74 589 tonnes. En janvier 2026, les exportations nationales ont totalisé 27 674 tonnes ; la Plantation du Haut Penja (PHP), filiale de la Compagnie fruitière, en a exporté 20 037 tonnes. Sur les cinq premiers mois de 2026, les expéditions totales de bananes ont atteint 106 447 tonnes, en hausse de 19,9 % sur un an. Les recettes d’exportation de café ont reculé de 17,6 % au T1 2026, à 4,1 milliards de FCFA, dans un contexte de détente des cours mondiaux.

Note sur la disponibilité des données

Aucune mise à jour spécifique au T1 2026, provenant de sources indépendantes, sur la performance des opérateurs agroalimentaires dans d’autres marchés francophones — notamment le Mali, le Niger et le Togo — n’a pu être identifiée pour cette édition.

IV.

Focus pays et acteurs clés

IV.1Côte d’Ivoire

PALMCI (BRVM : PALC) a enregistré un bénéfice net de 1,6 milliard de FCFA au T1 2026, en baisse de 86 % sur un an, pour un chiffre d’affaires de 49,4 milliards de FCFA (-27 %). L’entreprise disposait d’un stock important de produits finis à fin mars, dont les ventes ont commencé en avril sur des marchés d’exportation où les prix sont supérieurs à ceux du marché domestique. La direction anticipe un bénéfice net annuel globalement en ligne avec celui de 2025, soit 15,5 milliards de FCFA.

SAPH (BRVM : SPHC) a vu son bénéfice net reculer de 78 % à 2,6 milliards de FCFA, pour un chiffre d’affaires de 71,8 milliards de FCFA (-24 %). La congestion du port de San Pedro a perturbé les expéditions et les prix de vente moyens ont été inférieurs de 17 % à ceux de l’année précédente. L’entreprise détenait des stocks de produits finis à fin mars et a indiqué que la référence mondiale du caoutchouc SICOM 20 s’était établie en moyenne à 1,91 dollar/kg au T1 2026, au-dessus de la moyenne de 1,76 dollar/kg enregistrée sur l’ensemble de 2025, ce qui suggère de meilleures conditions de prix pour la suite.

Nestlé Côte d’Ivoire a réalisé un chiffre d’affaires de 70,8 milliards de FCFA (+31 %) et un bénéfice net de 7,5 milliards de FCFA (+37 %). La performance de l’entreprise a été portée par la hausse des volumes sur l’ensemble de son portefeuille de produits, la direction prévoyant de maintenir cette trajectoire de croissance sur le reste de l’année 2026.

Acteurs mentionnés : PALMCI, SAPH, Nestlé CI, groupe SIFCA. À surveiller : conversion des stocks de PALMCI et SAPH en chiffre d’affaires au S2 ; évolution des prix mondiaux du caoutchouc et de l’huile de palme ; capacité de Nestlé à maintenir la croissance des volumes ; préparation des exportateurs d’huile de palme et de caoutchouc à la conformité au règlement EUDR.

IV.2Sénégal

La croissance du PIB du Sénégal au T1 2026, de 5,8 % sur un an et de 1,2 % par rapport au trimestre précédent, a reposé sur une performance équilibrée des secteurs : primaire +5,7 %, secondaire +8,6 % et tertiaire +5,2 %. Le chiffre d’affaires industriel a progressé de 1,5 % au total, avec une hausse de 2,3 % pour le secteur hors pétrole.

Acteurs mentionnés : ANSD. À surveiller : maintien de la croissance dans les trois secteurs ; évolution de la transformation alimentaire et de la pêche.

IV.3Burkina Faso

La production cotonnière définitive du Burkina Faso pour 2025/2026 s’est établie à 314 293 tonnes, en hausse de 6,7 % par rapport aux 294 507 tonnes de la campagne précédente. Le gouvernement a fixé un objectif de 534 250 tonnes pour 2026/2027, dont 2 250 tonnes de coton biologique, soutenu par des prix planchers plus élevés, des subventions aux intrants et un financement de plus de 88 millions de dollars de la BOAD.

Acteurs mentionnés : SOFITEX, BOAD. À surveiller : réalisation de l’objectif de la campagne cotonnière 2026/2027 ; impact de la situation sécuritaire sur les zones de production.

IV.4Cameroun

Les exportations de bananes du Cameroun ont progressé de 29 % au T1 2026 pour atteindre 74 589 tonnes, la Compagnie fruitière contribuant largement à cette croissance. Les recettes d’exportation de café ont reculé de 17,6 % au T1 2026 en raison de la baisse des prix mondiaux.

Acteurs mentionnés : Assobacam, Compagnie fruitière, CDC. À surveiller : dynamique des exportations de bananes ; reprise des prix du café.
V.

Événements du T1 et contexte associé

DateCatégorieÉvénementDétail
Janv. 2026 Contexte Les exportations camerounaises de bananes atteignent 27 674 tonnes en janvierLa PHP, filiale de la Compagnie fruitière, en exporte 20 037 tonnes. 27 674 t
12 févr. 2026 Contexte Bulletin de suivi des prix alimentaires de la FAOLes prix des denrées alimentaires de base baissent de manière saisonnière en Afrique de l’Ouest. Prix en baisse
16 févr. 2026 Contexte L’inflation en Côte d’Ivoire progresse légèrement à 1,4 %Les prix alimentaires augmentent de 1,62 %, sous l’effet des viandes et des animaux vivants. +1,4 %
18 févr. 2026 Contexte Sucrivoire assure l’approvisionnement du marché en sucre pour le RamadanLa filiale de SIFCA garantit un approvisionnement sécurisé du marché national en sucre. Approvisionnement assuré
1er mars 2026 Politique publique La Côte d’Ivoire avance la campagne intermédiaire de cacaoLa campagne intermédiaire débute le 1er mars au lieu du 1er avril afin de faciliter l’écoulement des stocks. 1 mois plus tôt
4 mars 2026 Politique publique Le prix garanti de la campagne intermédiaire est fixé à 1 200 FCFA/kgLe prix est abaissé d’environ 57 % par rapport aux 2 800 FCFA/kg de la campagne principale. -57 %
Avr. 2026 Marchés Résultats T1 2026 de PALMCIBénéfice net de 1,6 Md FCFA (-86 %), chiffre d’affaires de 49,4 Mds FCFA (-27 %). -86 %
Avr. 2026 Marchés Résultats T1 2026 de SAPHBénéfice net de 2,6 Mds FCFA (-78 %), chiffre d’affaires de 71,8 Mds FCFA (-24 %). -78 %
Avr. 2026 Marchés Résultats T1 2026 de Nestlé CIBénéfice net de 7,5 Mds FCFA (+37 %), chiffre d’affaires de 70,8 Mds FCFA (+31 %). +37 %
25 juin 2026 Après le trimestre Production cotonnière définitive 2025/26 du Burkina Faso314 293 tonnes, +6,7 % sur un an. +6,7 %
VI.

Analyse

Le premier trimestre 2026 a mis en évidence des trajectoires très différentes parmi les acteurs suivis. Nestlé Côte d’Ivoire a enregistré une hausse de 31 % du chiffre d’affaires et de 37 % du bénéfice net, portée selon l’entreprise par la hausse des volumes, l’exécution commerciale et la discipline opérationnelle. Une croissance tirée par les volumes est généralement plus informative sur la demande qu’une progression reposant uniquement sur les prix, mais un seul trimestre ne permet pas d’en déduire à lui seul une tendance structurelle pour l’ensemble du secteur régional.

PALMCI et SAPH, toutes deux filiales de SIFCA, ont vu leurs bénéfices chuter respectivement de 86 % et 78 %. Chez PALMCI, la baisse s’explique par des volumes et des prix plus faibles ainsi que par l’accumulation de stocks. Chez SAPH, les volumes vendus ont reculé de 11 % sous l’effet de la congestion du port de San Pedro et les prix de vente moyens ont été inférieurs de 17 % à ceux du T1 2025. Les deux entreprises ont indiqué que des stocks de produits finis détenus à fin mars avaient commencé à être écoulés à partir d’avril.

La filière cacao, pilier économique de la Côte d’Ivoire, a également été confrontée à ses propres difficultés. Le calendrier de commercialisation a été modifié pour faire débuter la campagne intermédiaire le 1er mars 2026, un mois plus tôt qu’auparavant. Le 4 mars, le prix garanti bord champ a été fixé à 1 200 FCFA/kg, contre 2 800 FCFA/kg lors de la campagne principale. Cette décision est intervenue dans un contexte de chute des cours internationaux et de stocks invendus que les autorités cherchaient à résorber.

Les achats internationaux de beurre de karité ont atteint 27 951 tonnes au T1 2026, soit une hausse de près de 27 % sur un an et le niveau le plus élevé observé sur un premier trimestre depuis cinq ans, tandis que les importations de noix de karité ont reculé de 25 %. Cet écart est cohérent avec une orientation régionale plus favorable à la transformation locale, mais il ne démontre pas à lui seul un lien de causalité. En Côte d’Ivoire, l’exportation des noix et amandes de karité est restreinte afin de privilégier l’approvisionnement des unités de transformation locales.

Pour les investisseurs et les opérateurs, les résultats du T1 illustrent surtout des profils de risque différents : la performance de Nestlé CI a été portée par les volumes, tandis que PALMCI et SAPH restent plus directement exposées aux prix de vente, à la logistique portuaire et au rythme d’écoulement des stocks. Le règlement EUDR doit s’appliquer à partir du 30 décembre 2026 aux grands et moyens opérateurs concernés, ce qui renforce les exigences de traçabilité pour les chaînes d’approvisionnement liées notamment à l’huile de palme et au caoutchouc.

VII.

Perspectives et points de vigilance

Évaluation fondée sur les informations disponibles début septembre 2026
Vue structurelle

Le secteur agricole et agroalimentaire régional présente des trajectoires contrastées : certaines entreprises alimentaires destinées aux consommateurs affichent une croissance tirée par les volumes, tandis que les exportateurs de matières premières restent exposés aux prix, aux contraintes d’infrastructure et aux évolutions réglementaires, notamment l’EUDR. Le développement de la transformation locale du karité constitue en parallèle un axe de création de valeur suivi dans plusieurs marchés de la région.

Principaux facteurs

Pour la Côte d’Ivoire : conversion des stocks de PALMCI et SAPH en chiffre d’affaires au S2 ; poursuite de la croissance des volumes de Nestlé ; évolution de la campagne intermédiaire de cacao après la baisse du prix garanti. Pour le Sénégal : maintien de la croissance dans les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. Pour le Burkina Faso : réalisation de l’objectif officiel de 534 250 tonnes de coton pour 2026/2027. À l’échelle régionale : préparation à l’EUDR pour l’huile de palme et le caoutchouc ; évolution des capacités et des politiques de transformation locale du karité.

Signaux à surveiller

Résultats S1 2026 de PALMCI et SAPH afin d’évaluer la conversion des stocks. Capacité de Nestlé Côte d’Ivoire à maintenir une croissance soutenue des volumes sur le reste de 2026. Ventes de la campagne intermédiaire de cacao et évolution du prix bord champ. Données d’exportation du karité afin d’évaluer la progression de la transformation locale. Préparation opérationnelle des entreprises à l’entrée en application de l’EUDR le 30 décembre 2026 pour les grands et moyens opérateurs concernés.

Facteurs susceptibles de modifier cette analyse

Une reprise durable des prix mondiaux de l’huile de palme ou du caoutchouc améliorerait sensiblement les perspectives de PALMCI et SAPH au S2. Des améliorations des infrastructures portuaires de San Pedro pourraient réduire un goulet d’étranglement récurrent pour les exportateurs ivoiriens. Une forte baisse des prix du cacao ou du coton exercerait une pression sur les revenus ruraux et sur la demande en aval. Une accélération de l’application de l’EUDR pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement des exportateurs non conformes.

Implications pour le secteur

Pour les investisseurs, les trois valeurs suivies offrent des profils différents : Nestlé Côte d’Ivoire a affiché au T1 une croissance tirée par les volumes, tandis que PALMCI et SAPH présentent une sensibilité plus forte au rythme d’écoulement des stocks, aux prix de vente et aux contraintes logistiques. Le développement de la transformation locale du karité constitue par ailleurs un thème structurel à suivre dans les chaînes de valeur régionales.

Scénario Évaluation Conditions
Exécution conforme aux attentes Scénario central PALMCI et SAPH convertissent leurs stocks du T1 en chiffre d’affaires au S2 ; Nestlé maintient la croissance des volumes ; la campagne intermédiaire de cacao évolue conformément aux attentes ; aucun choc majeur sur les prix alimentaires régionaux ne se matérialise.
Reprise des matières premières Plausible Les prix mondiaux de l’huile de palme ou du caoutchouc se redressent sensiblement, améliorant les marges de PALMCI et SAPH ; la congestion du port de San Pedro s’atténue ; les exportateurs bénéficient de meilleures conditions de prix.
Repli régional Scénario de risque Les stocks de PALMCI et SAPH ne se convertissent pas comme prévu ; les prix du cacao ou du coton reculent davantage ; la mise en œuvre de l’EUDR perturbe les chaînes d’approvisionnement ; les prix alimentaires augmentent fortement dans les zones touchées par les conflits.
Les scénarios d’Africa Signal sont des trajectoires d’analyse conditionnelles fondées sur les informations disponibles à la date de publication, et non des prévisions ponctuelles.
VIII.

Point de vue Africa Signal

Cette première édition consacrée à l’Agriculture & Agroalimentaire met en évidence des trajectoires contrastées. PALMCI et SAPH ont connu un T1 très difficile, marqué par des volumes, des prix de vente et des contraintes logistiques défavorables, mais les deux entreprises ont commencé à écouler à partir d’avril des stocks de produits finis accumulés à fin mars. À l’inverse, Nestlé Côte d’Ivoire a enregistré une hausse de 31 % du chiffre d’affaires et de 37 % du bénéfice net, portée selon l’entreprise par la croissance des volumes, l’exécution commerciale et la discipline opérationnelle.

Les données sur le beurre de karité constituent un autre signal notable. La combinaison d’une hausse des achats internationaux de beurre de karité et d’une baisse des importations de noix est cohérente avec une orientation plus large en faveur de la transformation locale, même si la relation de causalité reste difficile à isoler. L’expérience du karité peut nourrir la réflexion sur d’autres filières, mais les conditions économiques, industrielles et réglementaires diffèrent fortement d’une chaîne de valeur à l’autre.

Pour l’instant, le secteur agricole et agroalimentaire régional reste marqué par deux dynamiques : des produits de grande consommation en forte progression et des exportateurs de matières premières confrontés à un cycle difficile. La convergence ou la poursuite de cet écart au second semestre 2026 dépendra de l’évolution des prix mondiaux, des infrastructures portuaires et du rythme des changements réglementaires.

La rédaction, Africa Signal
IX.

Sources et références

  1. 1.AllAfrica, “Palm Ci Q1 Profit Drops on Weak Prices, but Backlog Expected to Clear,” 1er mai 2026.
  2. 2.AllAfrica, “Saph Q1 Profit Collapses on Port Congestion, Lower Rubber Prices,” 1er mai 2026.
  3. 3.AllAfrica, “Nestlé Côte d’Ivoire Q1 Profit Jumps 37% on Volume Growth,” 3 mai 2026.
  4. 4.Ecofin Agency, “Shea Butter International Purchases Hit Record High in Q1 2026,” 8 juin 2026.
  5. 5.AllAfrica, “Côte d’Ivoire Inflation Edges Up to 1.4 Percent On Food, Housing Costs,” 16 février 2026.
  6. 6.ANSD Sénégal, “Produit intérieur brut trimestriel (base 2014) — synthèse du T1 2026,” juin 2026.
  7. 7.AIP, “Côte d’Ivoire-AIP/ Stocks invendus de cacao : l’État annonce des mesures de soutien,” 1er avril 2026.
  8. 8.AIP, “Côte d’Ivoire-AIP/ Campagne cacao 2025-2026 : 70 % de la production déjà acheminée,” 26 décembre 2025.
  9. 9.Ecofin Agency, “Cameroon Banana Shipments Jump 20% in First Five Months of 2026,” 17 juin 2026.
  10. 10.Ecomatin, “Cameroun : les exportations de bananes grimpent de 29% à 74 589 tonnes au 1er trimestre 2026,” 10 avril 2026.
  11. 11.Panapress, “Burkina Faso : augmentation de 6,7% de la production cotonnière en 2025/2026,” 25 juin 2026.
  12. 12.Cauris, “Burkina Faso : un objectif record pour la filière coton en 2026-2027,” 10 juillet 2026.
  13. 13.AIP, “Ramadan et carême chrétien 2026 : le groupe SIFCA rassure sur l’approvisionnement sécurisé du marché en sucre,” 18 février 2026.
  14. 14.ADMISI, “Ivory Coast Cocoa Prices Cut 57%,” 5 mars 2026.
  15. 15.Gouvernement de Côte d’Ivoire, “Filière cacao : le gouvernement modifie le calendrier des campagnes de vente,” 27 février 2026.
  16. 16.Gouvernement de Côte d’Ivoire, “Campagne intermédiaire cacao 2025-2026 : le prix garanti bord champ fixé à 1 200 FCFA/kg,” 4 mars 2026.
  17. 17.FAO — FPMA, “Prices of coarse grains continued to be lower on a yearly basis across the subregion,” 12 mars 2026.
  18. 18.Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso, “Conseil des ministres du 25 juin 2026 — bilan et prévisions de la campagne cotonnière,” 25 juin 2026.
  19. 19.Commission européenne, “Commission updates product scope and digital tools to support EUDR,” 13 juillet 2026.
  20. 20.Investir au Cameroun, “Café : les recettes d’exportation reculent de 17,6 % à 4,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026,” 30 juillet 2026.
  21. 21.Gouvernement de Côte d’Ivoire, “Lancement de la campagne 2026-2027 de commercialisation des produits du karité,” 18 août 2026.
  22. 22.EcoMatin, “Cameroun : les exportations de bananes atteignent un record de 27 674 tonnes en janvier,” 9 mars 2026.
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