Africa Signal · Intelligence de marché

Veille sectorielle

Énergie & Infrastructures

Afrique subsaharienne francophone
Premier trimestre 2026 Publié en mai 2026 Libre diffusion
I.

Points clés du trimestre

  1. Au Mali, la pénurie de gazole et un incident réseau aggravent la crise électrique à Bamako
    L’approvisionnement de Bamako en carburant, fortement perturbé par le blocus imposé par le JNIM sur plusieurs corridors depuis 2025, s’était amélioré à partir de décembre grâce à la reprise de convois escortés. Début mars 2026, la pénurie de gazole s’est toutefois de nouveau accentuée et les volumes disponibles ont été prioritairement orientés vers Énergie du Mali (EDM) et ses centrales thermiques. Cette dégradation s’est ajoutée aux conséquences d’un incendie survenu dans la nuit du 23 au 24 février au poste SEMAF de Sébénicoro, qui avait déjà affecté le réseau électrique de Bamako. À la mi-mars, certains quartiers signalaient plus de 24 heures consécutives sans électricité, tandis que d’autres ne recevaient qu’environ trois à sept heures de courant par jour, très loin de l’objectif d’environ 19 heures annoncé avant le Ramadan.1
    Pourquoi c’est important : la crise met en évidence deux vulnérabilités distinctes : la dépendance d’une partie importante de la production électrique aux combustibles importés et la fragilité du réseau de transport et de distribution. À titre de repère historique, une étude du PNUD estimait qu’en 2020 la production électrique malienne provenait à environ 69 % du thermique, 26,8 % de l’hydraulique et 4,2 % du solaire. Ce chiffre doit être lu comme un point de référence daté, et non comme une estimation du mix de 2026.
  2. Au Sénégal, Sangomar maintient des enlèvements élevés, GTA dépasse sa capacité nominale et le gaz-to-power domestique avance
    Les rapports officiels du ministère sénégalais de l’Énergie indiquent que quatre cargaisons de Sangomar, représentant environ 3,8 millions de barils, ont été commercialisées en janvier 2026 ; les volumes chargés sont restés élevés en février puis en mars, avec environ 2,98 millions de barils commercialisés en mars. Ces chiffres correspondent aux volumes chargés ou commercialisés et ne doivent pas être confondus avec la production mensuelle du champ. Sur GTA, Kosmos Energy a indiqué qu’au premier trimestre 2026 la production brute évoluait à un rythme annualisé équivalent à environ 2,85 millions de tonnes de GNL, au-dessus de la capacité nominale de 2,7 Mtpa, avec 9,5 cargaisons brutes expédiées sur le trimestre. En parallèle, une centrale électrique terrestre est en construction près de Saint-Louis/Gandon et les partenaires prévoyaient le démarrage de la construction du raccordement gazier autour de la mi-2026. Le projet « Phase 1+ » vise également les marchés domestiques sénégalais et mauritanien.2
    Pourquoi c’est important : le trimestre confirme la montée en puissance des hydrocarbures sénégalais à l’export, mais l’enjeu stratégique suivant est domestique : transformer une partie de cette nouvelle ressource gazière en électricité effectivement disponible sur le réseau. L’objectif public évoqué en 2025 d’orienter à terme une partie de la production de GTA vers le marché intérieur reste une ambition de déploiement, et non un résultat déjà acquis au T1 2026.
  3. La Guinée remet le barrage de Fomi à l’agenda avec ses partenaires chinois
    Le 14 janvier 2026, le gouvernement guinéen a tenu une réunion stratégique avec l’ambassadeur de Chine à Conakry et plusieurs responsables guinéens autour de la relance du barrage à buts multiples de Fomi, sur le Niandan. Le 20 février, le ministère du Plan a présenté cette séquence comme une étape vers le passage des discussions à l’exécution, dans le cadre de la coopération sino-guinéenne. Le projet historique est généralement dimensionné autour de 90 MW et comporte également un important volet d’irrigation présentant des effets en aval au Mali, notamment pour l’Office du Niger. Au moment de la publication de cette note, ces annonces ne constituaient toutefois pas la preuve d’un financement définitivement bouclé ni d’un démarrage effectif des travaux.3
    Pourquoi c’est important : Fomi reste un projet régional à la fois énergétique, agricole et hydraulique. La séquence de janvier-février 2026 marque une reprise politique et technique du dossier, mais le signal déterminant sera le passage à des engagements financiers et contractuels vérifiables, puis à l’exécution physique des travaux.
Cette section résume les principaux événements du trimestre détaillés en Section V. Elle ne présente pas l’état structurel du secteur, qui est analysé en Section II.
II.

Panorama du secteur

Le premier trimestre 2026 illustre trois trajectoires très différentes au sein de l’énergie en Afrique subsaharienne francophone. Au Mali, la crise électrique de mars résulte d’un cumul de contraintes : pénurie de gazole dans un contexte sécuritaire dégradé et fragilité du réseau après l’incendie du poste SEMAF de Sébénicoro. Au Sénégal, Sangomar et GTA ont continué leur montée en puissance, tandis que les projets destinés à convertir une partie du gaz offshore en électricité domestique ont progressé sans être encore opérationnels. En Guinée, le barrage de Fomi a été remis à l’agenda politique avec la Chine, mais la séquence observée au T1 correspond encore à une relance du projet, et non à la confirmation d’un financement final ou d’un chantier effectivement redémarré.

Au moment de la publication, des statistiques nationales homogènes portant spécifiquement sur le premier trimestre 2026 — production électrique, pertes de transport et de distribution, taux d’électrification ou mix de production — n’étaient pas disponibles pour la plupart des pays couverts. Les chiffres présentés dans cette note sont donc limités aux données pouvant être rattachées à des sources identifiables : rapports officiels sénégalais sur les hydrocarbures, communiqués de banques centrales, données historiques explicitement datées et informations vérifiées sur les projets et incidents du trimestre.

Note sur la disponibilité des données

Un jeu consolidé d’indicateurs électriques comparables pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne francophone n’a pas pu être établi pour le T1 2026. Les indicateurs non vérifiables ou non comparables sont donc volontairement omis plutôt qu’estimés. La Guinée, qui utilise le franc guinéen et dispose de sa propre banque centrale, est par ailleurs extérieure aux cadres BCEAO et BEAC présentés en section III.

III.

Dynamiques des zones monétaires (pays de la zone franc CFA)

Le Mali et le Sénégal, analysés dans les Sections I et IV, sont tous deux membres de l’UEMOA. Les données UEMOA présentées dans cette section s’appliquent donc à ces deux pays. La Guinée, également couverte par cette note, n’appartient pas à la zone franc CFA et n’est pas incluse dans cette section. Voir la note sur la disponibilité des données ci-dessus.

Zone UEMOA

Lors de sa réunion du 4 mars 2026, la BCEAO a abaissé son principal taux directeur de 25 points de base, à 3,00 %, et le taux du guichet de prêt marginal à 5,00 %, avec une entrée en vigueur le 16 mars. Le coefficient de réserves obligatoires est resté inchangé à 3,00 %. Cette décision est intervenue dans un contexte de poursuite de la désinflation : l’inflation du quatrième trimestre 2025 a été annoncée à -0,8 %, tandis que l’inflation sur l’ensemble de l’année 2025 est restée pratiquement nulle. Lors de cette réunion, la BCEAO anticipait un léger rebond de l’inflation autour de 1,4 % en 2026. La croissance de l’Union en 2025 a été estimée à 6,7 %, contre 6,2 % en 2024, et la BCEAO projetait une croissance de 6,4 % en 2026.4

Zone CEMAC

Aucun événement spécifique à la CEMAC ne figure dans la couverture du premier trimestre 2026 de cette note. Le taux directeur de la BEAC est resté à 4,75 %, et le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25 %, pendant l’ensemble du trimestre. Ces niveaux avaient été fixés après une hausse de 25 points de base lors de la réunion du 15 décembre 2025. La BEAC n’a pas tenu de session ordinaire de son Comité de politique monétaire pendant le premier trimestre et a confirmé le maintien de ces taux lors de sa réunion du 2 avril 2026.4

IndicateurUEMOACEMAC
Taux directeur de la banque centrale (fin de trimestre)3,00 %4,75 %
Taux de la facilité de prêt marginal5,00 %6,25 %
Évolution sur le trimestreBaisse (-25 pdb)Stable (aucune session au T1)
Croissance 2025 (dernière donnée disponible)6,7 %3,5 %
Prévision de croissance 2026 (dernière donnée disponible)6,4 %2,9 %
Prévision d’inflation 20261,4 %2,3 %
Sources : BCEAO, BEAC. Les données de croissance de la CEMAC proviennent de la réunion du 2 avril 2026 ; celles de l’UEMOA de la réunion du 4 mars 2026. Voir Section IX.
IV.

Focus pays et acteurs clés

IV.1Mali

Le système électrique malien reste fortement exposé aux combustibles importés et aux défaillances d’infrastructure. À titre de repère, une étude du PNUD portant sur 2020 estimait le mix de production à environ 69 % de thermique, 26,8 % d’hydraulique et 4,2 % de solaire. Depuis 2025, le blocus du JNIM et l’insécurité sur plusieurs corridors ont régulièrement perturbé l’approvisionnement de Bamako en carburant. Après une amélioration à partir de décembre 2025, la pénurie de gazole s’est de nouveau aggravée en mars 2026. Dans le même temps, l’incendie du poste SEMAF de Sébénicoro dans la nuit du 23 au 24 février a endommagé des équipements importants du réseau. À la mi-mars, certains quartiers connaissaient plus de 24 heures consécutives sans électricité et d’autres seulement trois à sept heures de fourniture quotidienne, alors qu’un objectif d’environ 19 heures avait été annoncé avant le Ramadan.1

Acteurs mentionnés : Énergie du Mali (EDM), opérateurs pétroliers, SEMAF, JNIM. À suivre : la sécurisation des corridors d’importation, la disponibilité du gazole pour les centrales thermiques et la remise à niveau des infrastructures de transport électrique après les incidents du trimestre.

IV.2Régional (Guinée / Mali)

Le barrage de Fomi, situé sur le Niandan en Haute-Guinée, est un projet à usages multiples associant production hydroélectrique et irrigation. Les documents de préparation disponibles retiennent généralement une capacité d’environ 90 MW et soulignent ses effets transfrontaliers en aval, notamment pour les périmètres irrigués de l’Office du Niger au Mali. Le 14 janvier 2026, une réunion stratégique à Conakry a rassemblé des responsables guinéens et l’ambassadeur de Chine autour de la relance du projet ; le 20 février, le ministère guinéen du Plan a indiqué vouloir faire passer le dossier des discussions à l’exécution. Au moment de cette note, aucun élément vérifié ne permettait toutefois de présenter le financement comme définitivement conclu ni les travaux comme effectivement redémarrés.3

Acteurs mentionnés : ministère guinéen du Plan, autorités du secteur de l’énergie, ambassade de Chine à Conakry, Autorité du Bassin du Niger, Office du Niger. À suivre : un accord de financement documenté, un calendrier contractuel de travaux et les modalités de coordination du volet hydroélectrique avec les usages agricoles en aval.
V.

Événements du T1 et repères de contexte

Sept. 2025
Contexte avant T1

Mali : le blocus sur le carburant perturbe les corridors d’approvisionnement

L’insécurité et le blocus imposé par le JNIM réduisent l’arrivée de carburant vers Bamako et contribuent aux tensions sur l’électricité et les transports.

Vulnérabilité logistique
Déc. 2025
Contexte avant T1

Mali : amélioration partielle de l’approvisionnement

La reprise de convois escortés permet un répit sur l’approvisionnement de Bamako, sans résoudre les causes structurelles de la crise.

Amélioration temporaire
15 déc. 2025
Contexte monétaire

BEAC : le TIAO est porté à 4,75 %

La décision prise en décembre fixe le niveau du taux directeur qui reste en vigueur pendant tout le premier trimestre 2026.

TIAO : 4,75 %
14 janv. 2026
Projet

Guinée : réunion stratégique sur la relance de Fomi

Les autorités guinéennes et l’ambassadeur de Chine examinent les modalités de relance du barrage à buts multiples.

Projet historique : ~90 MW
Janv. 2026
Hydrocarbures

Sénégal : quatre cargaisons de Sangomar commercialisées

Le rapport officiel de janvier fait état de quatre cargaisons représentant environ 3,8 millions de barils commercialisés.

3,8 M bbl commercialisés
20 févr. 2026
Projet

Guinée : Fomi est présenté comme entrant dans une phase de relance

Le ministère du Plan indique vouloir faire passer le dossier des discussions à une logique d’exécution, sans annoncer à ce stade un financement définitivement bouclé.

Relance, pas encore clôture financière
23–24 févr. 2026
Infrastructure

Mali : incendie au poste SEMAF de Sébénicoro

Un incendie endommage des équipements du poste et contribue à la dégradation de l’alimentation électrique de Bamako avant la nouvelle pénurie de gazole de mars.

Incident réseau majeur
4 mars 2026
Politique monétaire

BCEAO : baisse du taux directeur

Le principal taux directeur passe de 3,25 % à 3,00 % et le taux du guichet de prêt marginal de 5,25 % à 5,00 %, avec effet au 16 mars.

-25 pdb
10–16 mars 2026
Crise

Mali : la pénurie de gazole s’ajoute aux fortes coupures d’électricité

Le gazole disponible est prioritairement orienté vers EDM ; plusieurs quartiers signalent des durées de fourniture très réduites et parfois plus de 24 heures consécutives sans courant.

3–7 h/j dans plusieurs zones
Mars 2026
Hydrocarbures

Sénégal : Sangomar maintient des volumes commercialisés élevés

Trois cargaisons représentant environ 2,98 millions de barils sont commercialisées en mars, selon les données officielles.

2,98 M bbl commercialisés
2 avr. 2026
Après le T1

BEAC : maintien des taux confirmé

La première session ordinaire du Comité de politique monétaire en 2026 maintient le TIAO à 4,75 % et la facilité de prêt marginal à 6,25 %.

4,75 % · 6,25 %
6 mai 2026
Après le T1

GTA : Kosmos confirme un T1 supérieur à la capacité nominale

Kosmos indique une production brute annualisée équivalente à environ 2,85 Mtpa de GNL et 9,5 cargaisons brutes sur le trimestre, au-dessus des 2,7 Mtpa nominaux.

2,85 Mtpa · 9,5 cargaisons
VI.

Analyse

Pris ensemble, les événements du trimestre montrent moins une seule trajectoire régionale que trois formes de vulnérabilité ou de transition. Au Mali, la crise de mars ne peut pas être ramenée à une cause unique : la pénurie de gazole s’est ajoutée à un incident significatif sur le réseau électrique, dans un système historiquement très exposé au thermique. Au Sénégal, la question est différente : la production d’hydrocarbures progresse, mais la création de valeur domestique dépend désormais de l’exécution des infrastructures de transport du gaz et de production électrique à terre. En Guinée, Fomi rappelle qu’un potentiel hydroélectrique important ne se transforme en capacité disponible qu’après le franchissement d’étapes financières, contractuelles, environnementales et opérationnelles encore non achevées au T1.

Aucune de ces trois trajectoires n’est close à la fin du trimestre. Le Mali reste exposé à la fois à la sécurité de ses corridors logistiques et à la résilience de son réseau. Au Sénégal, les projets gaz-to-power sont encore en construction ou en préparation. En Guinée, la relance de Fomi constitue un signal politique et technique, mais pas encore la démonstration d’un chantier financé et exécuté. Le point commun est donc moins l’achèvement de grands projets que la mise à l’épreuve de la capacité de chaque pays à réduire une dépendance structurelle identifiable.

VII.

Perspectives et points à suivre

Évaluation fondée sur les informations disponibles au moment de la publication, en mai 2026
Lecture structurelle

Au Mali, la question centrale est double : la sécurisation durable de l’approvisionnement en carburant et la capacité du réseau à absorber ou contourner des incidents techniques majeurs. Au Sénégal, l’enjeu porte sur la conversion d’une production d’hydrocarbures désormais significative en disponibilité énergétique domestique. En Guinée, le point de bascule sera le passage d’une relance diplomatique et technique de Fomi à un financement puis à une exécution effectivement documentés.

Facteurs clés

Au Mali, la sécurité des corridors, la fréquence des convois, la disponibilité du gazole pour EDM et la remise à niveau des infrastructures de transport électrique seront déterminantes. Au Sénégal, le calendrier du raccordement gazier vers la zone de Saint-Louis/Gandon et l’avancement de la centrale terrestre constitueront les principaux signaux. En Guinée, l’annonce d’un financement ferme, d’un contrat d’exécution et d’un calendrier de travaux pour Fomi permettra de distinguer une relance effective d’un nouveau cycle préparatoire.

Signaux à suivre

L’évolution des coupures et de l’approvisionnement en gazole à Bamako ; les rapports mensuels officiels sur Sangomar et GTA ; les annonces documentées sur le raccordement gazier et la centrale de Saint-Louis/Gandon ; ainsi que tout accord de financement ou calendrier de travaux concernant Fomi.

Ce qui pourrait modifier cette lecture

Une amélioration durable simultanée de la sécurité logistique et de la résilience du réseau au Mali modifierait nettement la lecture de la crise. Au Sénégal, un retard important du pipeline ou de la centrale repousserait la matérialisation des bénéfices domestiques attendus du gaz. En Guinée, une clôture financière et un démarrage physique de Fomi constitueraient le signal le plus clair d’un changement de phase du projet.

Implications pour le secteur

Pour les pays du Sahel qui restent exposés aux combustibles importés, la résilience énergétique dépend autant de la logistique et de la sécurité que de la capacité installée. Pour les nouveaux producteurs d’hydrocarbures, le défi est de relier rapidement l’export à des usages domestiques. Pour les grands projets hydroélectriques régionaux, la qualité du financement et de l’exécution demeure aussi déterminante que le potentiel technique annoncé.

Trajectoire Évaluation Conditions
Diversification progressive Scénario central La situation du carburant au Mali se stabilise partiellement grâce au maintien des convois escortés, même sans résolution complète ; les infrastructures gazières domestiques du Sénégal progressent vers l’objectif de mi-2026 ; la Guinée obtient des conditions préliminaires de financement pour Fomi en 2026.
Progrès inégaux Plausible La crise malienne continue d’alterner rechutes et améliorations partielles sans résolution durable ; le calendrier de la centrale de Saint-Louis prend du retard ; les discussions sur Fomi se poursuivent sans conclusion d’un financement en 2026.
Nouvelle aggravation Scénario de risque Le blocus au Mali s’intensifie et aggrave la crise électrique au-delà de ce qui a été observé au premier trimestre 2026 ; des difficultés sécuritaires ou financières bloquent le développement des infrastructures gazières domestiques du Sénégal ou la relance de Fomi.
Les scénarios Africa Signal sont des trajectoires analytiques conditionnelles fondées sur les informations disponibles à la date de publication. Ils ne constituent pas des prévisions ponctuelles.
VIII.

Analyse Africa Signal

Cette édition met surtout en évidence la différence entre disposer d’une ressource énergétique et disposer d’un système énergétique résilient. Au Mali, la crise de mars associe une contrainte d’approvisionnement en gazole à une fragilité du réseau : elle montre que la sécurité énergétique dépend de plusieurs maillons simultanément. Au Sénégal, Sangomar et GTA confirment la montée en puissance de la production, mais la prochaine étape décisive se joue à terre, dans les infrastructures capables de convertir le gaz en électricité domestique. En Guinée, Fomi illustre le cas inverse : le potentiel hydroélectrique est connu depuis longtemps, mais la valeur économique du projet dépend encore de la capacité à transformer une relance politique en financement, contrats et travaux. Le fil conducteur du trimestre est donc celui de l’exécution : sécuriser les flux, renforcer les réseaux et convertir les projets annoncés en capacités effectivement disponibles.

La rédaction, Africa Signal
IX.

Sources et références

  1. 1.Deutsche Welle, « Mali : les coupures d’électricité s’intensifient pendant le Ramadan », 9 mars 2026 ; Africa Center for Strategic Studies, Revue de presse du 11 mars 2026, sur la pénurie de gazole et la priorité donnée à EDM ; allAfrica, « Mali : Bamako subit une pénurie de gasoil et d’intenses coupures d’électricité et d’eau », 16 mars 2026 ; Journal du Mali, édition du 5 au 11 mars 2026, sur l’incendie du poste SEMAF de Sébénicoro ; PNUD, étude de référence sur le mix électrique malien en 2020.
  2. 2.Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines du Sénégal, rapports mensuels de production et de commercialisation de Sangomar et GTA, janvier-mars 2026 ; Kosmos Energy, résultats du premier trimestre 2026, 6 mai 2026, sur le rythme annualisé de 2,85 Mtpa, les 9,5 cargaisons et les infrastructures domestiques ; APS, « Phase 1 GTA : 20 à 25 % de la production de GNL orientés vers le marché domestique », 23 mai 2025, pour l’objectif public de moyen terme.
  3. 3.Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement (Guinée), « Barrage FOMI : vers le lancement effectif d’un ouvrage stratégique », 20 février 2026 ; Banque africaine de développement, documents de préparation du projet de barrage à buts multiples de Fomi ; Banque mondiale, documents de préparation du projet sur les effets transfrontaliers et l’irrigation en aval.
  4. 4.BCEAO, communiqué de la réunion du Comité de politique monétaire du 4 mars 2026 ; BEAC, communiqués du Comité de politique monétaire, notamment les décisions de décembre 2025 et du 2 avril 2026.
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