Africa Signal · Intelligence de marché

Veille sectorielle

Télécoms & Technologies

Afrique subsaharienne francophone : zones UEMOA et CEMAC
Premier trimestre 2026 Mis à jour en septembre 2026 Libre diffusion
I.

Points clés du trimestre

  1. Au Gabon, la suspension des réseaux sociaux se prolonge tandis que le cadre juridique est renforcé
    Le 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné la suspension des réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre. Un recours constitutionnel a été déclaré irrecevable le 11 mars. Le 16 mars, le Tribunal de première instance de Libreville s’est déclaré incompétent dans une autre procédure et a renvoyé le contentieux vers le juge administratif ; la Cour d’appel a confirmé cette décision le 6 mai. Entre-temps, trois ordonnances signées le 26 février, puis publiées au Journal Officiel le 8 avril, ont précisé et renforcé le cadre applicable aux réseaux sociaux, à la communication numérique et aux compétences de la HAC. L’ordonnance n°0011/PR/2026 impose notamment des obligations d’identification des utilisateurs et crée une procédure de « référé numérique ». En juillet, le gouvernement a poursuivi ses échanges avec TikTok sur la mise en conformité. Au 19 septembre 2026, aucune annonce officielle de levée générale n’a été identifiée ; OONI continue de répertorier le blocage comme « ongoing », avec les limites propres à la mesure réseau.1
    Pourquoi c’est important : le sujet n’est plus seulement celui d’une mesure administrative ponctuelle. Il combine désormais restriction d’accès, contentieux sur les voies de recours et mise en œuvre d’un dispositif juridique plus détaillé pour les plateformes. Pour les entreprises numériques, les médias et les marques dépendantes des réseaux sociaux, le risque principal est la continuité d’accès aux canaux de distribution et de communication.
  2. MTN-IHS : l’étape actionnariale est franchie, la clôture reste principalement réglementaire
    Le 17 février 2026, MTN Group et IHS Towers ont annoncé un accord portant sur l’acquisition par MTN des actions d’IHS qu’il ne détenait pas encore, au prix de 8,50 dollars par action, pour une valeur d’entreprise d’environ 6,2 milliards de dollars. MTN détenait alors environ 24 % du capital dilué d’IHS. Après les cessions annoncées des actifs latino-américains, IHS concentre son portefeuille africain sur cinq marchés ; l’entreprise indique exploiter environ 28 000 tours en Afrique, dont 2 672 en Côte d’Ivoire et 2 426 au Cameroun. Le 4 août, les actionnaires d’IHS ont approuvé l’opération à la majorité requise. Dans ses résultats semestriels publiés ensuite, MTN indiquait que les conditions restantes étaient principalement réglementaires et que plusieurs autorisations avaient déjà été obtenues, tandis que d’autres restaient en cours.2
    Pourquoi c’est important : la transaction pourrait rapprocher à nouveau un grand opérateur mobile d’une infrastructure de tours jusque-là exploitée par un groupe indépendant. En Côte d’Ivoire et au Cameroun, l’enjeu à suivre porte surtout sur les conditions d’accès, de colocalisation et de non-discrimination qui pourront accompagner les autorisations, plutôt que sur un effet concurrentiel déjà démontré.
  3. L’écart de taux directeurs entre l’UEMOA et la CEMAC s’élargit au T1
    Le 4 mars 2026, la BCEAO a abaissé de 25 points de base son principal taux directeur, à 3,00 %, et le taux du guichet de prêt marginal à 5,00 %, avec effet au 16 mars. Le coefficient de réserves obligatoires est resté à 3,00 %. Dans la CEMAC, le principal taux directeur de la BEAC est resté à 4,75 % pendant le trimestre, avec une facilité de prêt marginal à 6,25 %. La réunion du 2 avril a confirmé ces niveaux.35
    Pourquoi c’est important : l’écart de politique monétaire constitue un élément du contexte de financement d’un secteur très capitalistique. Il ne permet toutefois pas, à lui seul, de conclure à une variation équivalente du coût effectif du financement des opérateurs télécoms ou technologiques, qui dépend aussi du risque pays, de la structure de dette, de la devise et du profil de chaque entreprise.
Les développements postérieurs au 31 mars sont explicitement signalés afin de distinguer les faits du trimestre des informations utilisées pour mettre à jour la note.
II.

Panorama du secteur

Le rapport T1 2026 de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), publié le 1er juin 2026, fournit l’un des jeux de données nationaux les plus détaillés disponibles pour la période. Il indique un chiffre d’affaires sectoriel de 351,2 milliards de FCFA, dont 279,7 milliards pour la téléphonie mobile, ainsi que 115,6 milliards de FCFA d’investissements. Le tableau détaillé consacré aux infrastructures recense 38 486 km de fibre optique nationale et une bande passante internationale disponible de 4 887,2 Gbit/s, utilisée à 47 %.4

Côte d’Ivoire : principaux indicateurs T1 2026
IndicateurValeur
Chiffre d’affaires du secteur351,2 Md FCFA
Chiffre d’affaires mobile279,7 Md FCFA
Investissements115,6 Md FCFA
Abonnements mobiles60,16 M
Abonnements internet mobile40,91 M
Abonnements actifs mobile money déclarés26,88 M
Abonnements internet fixe816 207
Fibre optique nationale38 486 km
Bande passante internationale disponible4 887,2 Gbit/s
Taux d’utilisation de la bande passante47 %
Source : ARTCI, Statistiques du marché des télécommunications en Côte d’Ivoire, T1 2026. Les données sont principalement issues des déclarations des opérateurs et fournisseurs couverts par le rapport.

Deux précisions sont nécessaires. Premièrement, la page de synthèse du rapport ARTCI affiche 38 488 km de fibre et 4 867 Gbit/s de capacité internationale, tandis que le tableau détaillé d’infrastructures affiche respectivement 38 486 km et 4 887,2 Gbit/s. Cette note retient les valeurs du tableau détaillé et signale l’écart plutôt que de le masquer. Deuxièmement, l’ARTCI indique que les données de Wave Côte d’Ivoire n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction pour certains tableaux relatifs aux abonnements mobile et mobile money. Cela ne permet pas d’affirmer que l’ensemble du chiffre d’affaires sectoriel publié exclut Wave ; la formulation antérieure a donc été retirée.4

En République du Congo, l’ARPCE a mené du 6 au 23 février une campagne de tests dans vingt localités afin d’évaluer les services voix et données 2G, 3G et 4G de MTN Congo et Airtel Congo. Le 8 avril, après le trimestre, le régulateur a adressé une mise en demeure aux deux opérateurs, assortie d’un délai de six mois pour corriger les insuffisances relevées. Au Gabon, la suspension des réseaux sociaux a constitué un autre type d’intervention réglementaire, portant cette fois sur l’accès aux plateformes plutôt que sur la qualité des réseaux.6

Note sur la disponibilité des données

Il n’existe pas, pour le T1 2026, de base publique homogène permettant d’agréger l’ensemble des abonnés, revenus, ARPU, transactions de mobile money, capacités cloud ou centres de données pour tous les pays UEMOA et CEMAC couverts. Les chiffres nationaux ne sont donc pas additionnés artificiellement. Les données ivoiriennes sont présentées comme un repère national, les résultats congolais comme une observation de qualité de service, et toute estimation issue de la presse est identifiée comme telle.

III.

Dynamiques par zone monétaire

Zone UEMOA

Lors de sa réunion du 4 mars 2026, la BCEAO a abaissé son principal taux directeur de 25 points de base, à 3,00 %, ainsi que le taux du guichet de prêt marginal à 5,00 %, avec effet au 16 mars. Le coefficient de réserves obligatoires a été maintenu à 3,00 %. À cette date, la Banque centrale estimait la croissance de l’UEMOA à 6,7 % en 2025 et projetait 6,4 % en 2026, avec une inflation prévue autour de 1,4 % en 2026.3

Zone CEMAC

Le taux directeur de la BEAC est resté à 4,75 % au cours du premier trimestre 2026, avec une facilité de prêt marginal à 6,25 %. Ces niveaux avaient été fixés le 15 décembre 2025. La BEAC n’a pas tenu de session ordinaire du Comité de politique monétaire pendant le T1 ; sa réunion du 2 avril a maintenu les taux et retenu une prévision de croissance de 2,9 % pour 2026, contre 3,5 % estimés pour 2025, avec une inflation projetée à 2,3 %.5

IndicateurUEMOACEMAC
Taux directeur en fin de T13,00 %4,75 %
Facilité de prêt marginal5,00 %6,25 %
Évolution au T1-25 pdbStable
Croissance 2025, estimation disponible6,7 %3,5 %
Prévision de croissance 20266,4 %2,9 %
Prévision d’inflation 20261,4 %2,3 %
Les données macroéconomiques sont celles disponibles autour de la fin du T1 et de la première réunion BEAC suivant le trimestre. Les révisions ultérieures ne sont pas réinjectées dans le tableau afin de préserver la lecture historique du trimestre.
IV.

Focus pays & acteurs clés

IV.1Gabon

La suspension décidée par la HAC le 17 février 2026 a été contestée par plusieurs voies. Le 11 mars, la Cour constitutionnelle a déclaré irrecevable le recours de quatre citoyens. Le 16 mars, le Tribunal de première instance de Libreville s’est déclaré incompétent dans la procédure engagée par Ensemble pour le Gabon et a indiqué que le contentieux relevait de la juridiction administrative. La Cour d’appel a confirmé cette décision le 6 mai. Ces décisions ont principalement porté sur la recevabilité et la compétence juridictionnelle, et non sur une appréciation au fond de la proportionnalité de la suspension.1

Le 26 février, les autorités ont adopté trois ordonnances. L’ordonnance n°0011/PR/2026 réglemente spécifiquement l’usage des réseaux sociaux et plateformes numériques ; elle prévoit notamment l’identification des utilisateurs, des obligations pour les éditeurs et hébergeurs, une majorité numérique fixée à seize ans et une procédure de référé numérique. Les ordonnances n°0012 et 0013 modifient respectivement le Code de la Communication et l’organisation de la HAC. Ces textes complètent un environnement juridique qui comprenait déjà le Code de la Communication, la réglementation des communications électroniques, les transactions électroniques et la protection des données personnelles ; il serait donc excessif de présenter la séquence comme la création d’un droit numérique à partir de zéro.1

Le 11 juillet, le gouvernement gabonais a annoncé la poursuite d’un dialogue avec TikTok et une coopération de douze mois consacrée à la conformité avec le nouveau cadre. Les mesures réseau d’OONI continuaient toutefois, au 19 septembre, de classer le blocage de plusieurs plateformes comme en cours. OONI précise que le volume de mesures peut être limité et que certains tests WhatsApp ont réussi sur certains réseaux ; ces données décrivent donc l’accessibilité technique observée, pas à elles seules le statut juridique de chaque service.1

Acteurs mentionnés : HAC, Gouvernement gabonais, TikTok, Cour constitutionnelle, Tribunal de première instance de Libreville, Cour d’appel. À suivre : une éventuelle annonce officielle de levée, l’application des obligations de l’ordonnance n°0011 et les modalités de recours devant le juge administratif.

IV.2Côte d’Ivoire & Cameroun

L’accord MTN-IHS concerne directement deux marchés francophones où IHS dispose de portefeuilles importants : 2 672 tours en Côte d’Ivoire et 2 426 sites au Cameroun selon les données publiées par IHS. L’opération prévoit l’acquisition par MTN des actions restantes d’IHS, puis le retrait d’IHS du New York Stock Exchange après réalisation des conditions prévues. Les actionnaires d’IHS ont approuvé la transaction le 4 août. À la date de mise à jour, MTN indiquait que les conditions restantes étaient principalement réglementaires et que certaines autorisations avaient été obtenues dans d’autres juridictions ; une notification régionale a également été déposée auprès de l’Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO.2

Acteurs mentionnés : MTN Group, IHS Towers, autorités nationales de concurrence et de télécommunications, Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO. À suivre : les décisions réglementaires applicables à la Côte d’Ivoire et au Cameroun, ainsi que les éventuels engagements relatifs à l’accès aux tours, aux contrats existants et à la non-discrimination entre locataires.

IV.3République du Congo

Du 6 au 23 février, l’ARPCE a testé les services voix et données 2G, 3G et 4G de MTN Congo et Airtel Congo dans vingt localités. Le 8 avril, le régulateur a adressé aux deux opérateurs une mise en demeure de six mois afin de corriger les insuffisances constatées. Au 19 septembre, ce délai n’était pas encore arrivé à échéance. La prochaine étape pertinente est donc l’évaluation de suivi et, le cas échéant, les décisions formelles prises par le régulateur à l’issue du délai.6

Acteurs mentionnés : ARPCE, MTN Congo, Airtel Congo. À suivre : la campagne de contrôle suivant l’échéance d’octobre et les mesures éventuelles si les indicateurs restent non conformes.
V.

Événements du T1 & mises à jour postérieures

6-23 fév.
Régulation

Congo : tests de qualité de service

L’ARPCE évalue les réseaux 2G, 3G et 4G de MTN Congo et Airtel Congo dans vingt localités.

20 localités
17 fév.
Régulation

Gabon : suspension des réseaux sociaux

La HAC ordonne la suspension des principales plateformes jusqu’à nouvel ordre.

17 fév.
Entreprise

MTN et IHS annoncent un accord définitif

MTN propose 8,50 dollars par action pour acquérir les actions restantes d’IHS.

Valeur d’entreprise : ~6,2 Md$
26 fév.
Régulation

Gabon : adoption de trois ordonnances numériques

Les textes n°0011, 0012 et 0013/PR/2026 renforcent le cadre applicable aux réseaux sociaux, à la communication numérique et à la HAC.

4 mars
Monétaire

BCEAO : baisse des taux

Le principal taux directeur est abaissé à 3,00 % et le taux du prêt marginal à 5,00 %, avec effet au 16 mars.

-25 pdb
11 mars
Juridique

Gabon : recours constitutionnel déclaré irrecevable

La Cour constitutionnelle ne tranche pas le fond de la suspension.

16 mars
Juridique

Gabon : le tribunal judiciaire se déclare incompétent

Le Tribunal de première instance de Libreville indique que le contentieux relève de la juridiction administrative.

2 avr.
Après T1

BEAC : maintien des taux

Le TIAO reste à 4,75 % et la facilité de prêt marginal à 6,25 %.

8 avr.
Après T1

Gabon : publication des ordonnances

Le Journal Officiel n°110 publie les textes adoptés le 26 février.

8 avr.
Après T1

Congo : mise en demeure de MTN et Airtel

L’ARPCE accorde six mois aux deux opérateurs pour corriger les insuffisances identifiées.

Délai : 6 mois
1 juin
Après T1

Côte d’Ivoire : publication des statistiques ARTCI du T1

Le rapport fournit les données sectorielles utilisées dans cette note pour le marché ivoirien.

11 juil.
Après T1

Gabon : dialogue gouvernement-TikTok

Les deux parties annoncent la poursuite d’une coopération de douze mois sur la conformité au nouveau cadre.

4 août
Après T1

IHS : les actionnaires approuvent la transaction MTN

La résolution spéciale obtient la majorité des deux tiers requise.

Condition actionnariale remplie
11 août
Après T1

CEDEAO : notification de l’opération MTN-IHS

L’Autorité Régionale de la Concurrence annonce avoir reçu la notification de l’acquisition, soumise à autorisation préalable au niveau communautaire.

VI.

Analyse

Trois axes ressortent du trimestre. Le premier est la propriété des infrastructures partagées. L’opération MTN-IHS ne modifie pas encore juridiquement la propriété d’IHS tant que la transaction n’est pas clôturée, mais elle ouvre une phase de revue réglementaire importante pour des marchés où les tours constituent une infrastructure essentielle aux opérateurs concurrents. Le fait que les actionnaires aient approuvé l’opération en août déplace désormais l’attention vers les autorités de concurrence et de télécommunications.

Le deuxième axe est la régulation des plateformes numériques. Au Gabon, la séquence combine une suspension administrative, plusieurs contentieux centrés sur la compétence des juridictions, puis l’adoption de textes qui précisent les obligations des utilisateurs, plateformes et hébergeurs. Le nouveau dispositif ne signifie pas que les recours antérieurs ont validé le fond de la suspension. Inversement, l’absence d’une décision au fond n’a pas entraîné sa levée automatique. Pour l’analyse de marché, la conséquence la plus concrète est la persistance d’un risque d’accès aux plateformes pour les activités qui en dépendent.

Le troisième axe concerne la qualité de service. L’intervention de l’ARPCE au Congo illustre une logique plus classique de régulation des télécommunications : mesure des performances, constat d’insuffisances, délai correctif, puis contrôle ultérieur. À court terme, l’enjeu n’est donc pas de présumer l’existence de sanctions futures, mais d’observer les résultats de la prochaine campagne après l’échéance de six mois.

Enfin, la divergence de politique monétaire entre UEMOA et CEMAC constitue un arrière-plan pertinent, sans fournir une mesure directe du coût du capital du secteur. Les décisions d’investissement des opérateurs restent davantage déterminées par la demande, les besoins de capacité, les conditions de licence, le coût de l’énergie, les devises et la structure de financement propre à chaque groupe.

VII.

Perspectives & points de vigilance

Évaluation fondée sur les informations disponibles au 19 septembre 2026
Perspective structurelle

La question structurante pour les infrastructures télécoms est désormais la clôture réglementaire de l’opération MTN-IHS. L’approbation des actionnaires est acquise ; les conditions encore ouvertes sont principalement réglementaires. Au Gabon, le point central reste l’articulation entre le nouveau cadre juridique et la levée effective des restrictions d’accès. Au Congo, l’échéance de la mise en demeure de l’ARPCE approche.

Principaux facteurs

Pour MTN-IHS : décisions des autorités nationales et régionales, engagements éventuels en matière d’accès aux infrastructures, maintien des contrats et non-discrimination. Pour le Gabon : annonce officielle sur la suspension, mise en œuvre des obligations d’identification et de conformité des plateformes, ainsi que les éventuelles décisions du juge administratif. Pour le Congo : résultats du contrôle suivant le délai de six mois.

Signaux à suivre

Décisions de l’Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO et des régulateurs nationaux sur MTN-IHS ; publication d’un calendrier de levée au Gabon ou modification mesurable de l’accessibilité des plateformes ; prochaine communication de l’ARPCE sur la qualité de service ; statistiques T2/T3 de l’ARTCI pour vérifier si la dynamique ivoirienne du T1 se prolonge.

Éléments susceptibles de modifier l’analyse

Des conditions réglementaires substantielles attachées à la transaction MTN-IHS pourraient modifier son modèle économique ou le calendrier de clôture. Une levée officielle des restrictions au Gabon réduirait le risque d’accès aux plateformes, tandis qu’une prolongation durable confirmerait qu’il s’agit d’une contrainte opérationnelle de plus long terme. Au Congo, une amélioration mesurable des indicateurs réduirait le risque de nouvelles mesures ; l’absence d’amélioration pourrait conduire le régulateur à envisager les suites prévues par le cadre applicable.

ScénarioLectureConditions
Clôture réglementaire progressiveTrajectoire 1Les autorisations MTN-IHS sont obtenues sans remise en cause de l’économie générale de l’opération ; les obligations d’accès aux tours restent compatibles avec les contrats commerciaux existants ; le Gabon annonce et met en œuvre une levée des restrictions.
Clôture assortie de conditionsTrajectoire 2Les régulateurs autorisent l’opération avec des engagements supplémentaires sur l’accès, la gouvernance ou la non-discrimination ; les restrictions au Gabon persistent partiellement ; le Congo constate une amélioration inégale lors du contrôle suivant.
Retard réglementaire et contrôles renforcésTrajectoire 3Une ou plusieurs autorisations MTN-IHS prennent davantage de temps ou imposent des remèdes importants ; les restrictions gabonaises restent durablement en place ; l’ARPCE constate une non-conformité persistante après l’échéance corrective.
Ces scénarios sont des trajectoires conditionnelles et non des probabilités ou des prévisions ponctuelles.
VIII.

Le regard d’Africa Signal

Le T1 2026 a placé trois sujets au premier plan dans les télécoms et technologies d’Afrique francophone : la propriété des infrastructures partagées, l’accès aux plateformes numériques et l’application concrète des obligations de qualité de service. Depuis la fin du trimestre, la situation a évolué sans être entièrement résolue. L’opération MTN-IHS a franchi l’étape actionnariale mais reste soumise aux régulateurs ; le Gabon a renforcé son cadre juridique tandis que des mesures indépendantes continuent de documenter des restrictions d’accès ; et le délai correctif imposé au Congo arrive à son terme au début du T4. Pour les acteurs du secteur, les prochains signaux les plus utiles seront donc moins les annonces générales que les décisions réglementaires, les conditions attachées à ces décisions et les données opérationnelles publiées après leur mise en œuvre.

La rédaction, Africa Signal
IX.

Sources & références

  1. 1.Gabon : Le Monde, « Au Gabon, les réseaux sociaux sont coupés depuis un mois », 17 mars 2026 ; Journal Officiel n°110, ordonnance n°0011/PR/2026, publiée le 8 avril 2026 ; L’Union, décision de la Cour d’appel du 6 mai 2026 ; Gouvernement gabonais, dialogue avec TikTok, 11 juillet 2026 ; OONI Explorer, Gabon blocked social media, statut consulté au 19 septembre 2026.
  2. 2.MTN / IHS : MTN Group, annonce de l’opération, 17 février 2026 ; IHS Towers / SEC, communiqué sur l’accord de fusion, 17 février 2026 ; IHS Towers, Where We Operate, portefeuille africain ; MTN Group, résultats semestriels 2026, mise à jour sur la transaction ; Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO, notification de l’acquisition, 11 août 2026.
  3. 3.BCEAO : Communiqué de la réunion du Comité de politique monétaire du 4 mars 2026 ; Rapport sur la politique monétaire dans l’UMOA, mars 2026.
  4. 4.ARTCI : Statistiques du marché des télécommunications en Côte d’Ivoire, 1er trimestre 2026, publié le 1er juin 2026.
  5. 5.BEAC : Comité de politique monétaire, communiqués 2025-2026 ; Rapport sur la politique monétaire, avril 2026.
  6. 6.République du Congo : allAfrica / Les Dépêches de Brazzaville, « Qualité de service des réseaux mobiles : l’ARPCE monte la pression sur MTN et Airtel », 9 avril 2026, concernant les tests du 6 au 23 février et la mise en demeure du 8 avril.
Méthode de fact-check
Période principale :
1er janvier au 31 mars 2026.
Mise à jour :
événements postérieurs inclus uniquement lorsqu’ils modifient l’état d’un dossier ouvert au T1.
Hiérarchie des sources :
priorité aux régulateurs, banques centrales, textes officiels et communications d’entreprise ; recours à la presse pour les procédures ou événements non disponibles en source primaire.
Principe :
les chiffres non comparables ou non vérifiables à l’échelle régionale sont omis plutôt qu’extrapolés.
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